14 juin 2006

Rien de grave de Justine Lévy, éd. Stock (2004)

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« Je le rends responsable de tout, à l’époque. Ma tristesse, c’est lui. Mes cauchemars, c’est lui. Ma boulimie et mon anorexie, la mort de ma grand-mère et l’assassinat du commandant Massoud, le mauvais temps, le SRAS, le conflit israélo-palestinien, ma première ride, mes yeux cernés, c’est encore et toujours lui. »

Vous vous souvenez de l’évènement phare des magazines people de l’année 2004 ? Justine Lévy, fille de BHL, vient d’être plaquée par son philosophe de mari, Raphaël Enthoven pour l’apprentie chanteuse Carla Bruni. Dévastée, Justine nous donne sa version des faits.

Le livre nous entraîne comme dans tourbillon : l’auteur prend l’écriture comme une nécessité si ce n’est une délivrance, sa verve se fait à la fois rageuse et désespérée. Ce récit très personnel à la chronologie embrouillée nous livre avec sincérité et lucidité la descente aux enfers de « Louise » qui se drogue aux amphétamines, car elle n’a plus d’envies.

Peu à peu, elle réalise que son mariage n’a jamais été réussi et qu'il ne s'agissait  finalement que d'une relation d’enfants. Par cette expérience douloureuse de la rupture, Louise se découvre elle-même et passe enfin à l'âge adulte. Sa rédemption passe également par une nouvelle histoire d’amour.

Attention, si Louise-Justine grandit, elle en profite quand même pour déverser son fiel sur son ex (présenté comme totalement imbu de lui-même) et sur Carla Bruni (« tu dis Paula et ses ex, elle les voit tout le temps ses ex, j’ai envie de répondre qu’elle ne peut pas faire autrement, elle a couché avec la terre entière si elle ne revoyait pas ses ex elle ne verrait personne ») à peine dissimulés sous des prénoms.

Son style évoque celui de Beigbeder: mêmes belles formules (« il y a des filles qui même habillées ont toujours l’air d’être nues »), même langage parlé et même milieu intello-people de Saint-Germain-des-Prés…

Une confession touchante.

« Faut que je fasse quand même attention, je me suis juste dit, ça va finir par se voir que je suis un monstre. »

Posté par patedamande à 16:12 - Commentaires [4] - Permalien [#]


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